La semaine de 4 jours : enjeux légaux et impact sur la productivité

L’adoption de la semaine de 4 jours en France ne relève plus d’un simple débat sur le bien-être au travail ou d’une tendance, mais d’une mutation structurelle des modèles de productivité. Alors que le rapport de force sur le marché de l’emploi s’est déplacé en faveur des profils experts, les directions générales et financières se trouvent confrontées à un arbitrage complexe : comment concilier l’impératif de flexibilité avec le maintien de la performance opérationnelle ? 

KARA Travail Temporaire & Placement vous explique pourquoi l’analyse de terrain révèle un modèle qui, quand il est structuré avec rigueur, constitue l’un des leviers de rétention les plus puissants en 2026. 

Le cadre légal : naviguer entre durée légale et accords de branche

En France, la mise en œuvre de la semaine de 4 jours s’inscrit dans un cadre juridique strict, régi principalement par le principe de l’aménagement du temps de travail par compression ou par réduction. Pour un•e recruteur/recruteuse comme pour un•e dirigeant•e, il est essentiel de différencier la semaine “en” 4 jours et la semaine “de” 4 jours. 

La semaine en 4 jours 

Dans ce modèle, il s’agit de répartir la durée légale de travail sur 4 jours : c’est le principe de compression. Selon l’article L3121-10 du Code du travail, la durée quotidienne de travail effectif ne peut excéder 10 heures : avec la semaine en 4 jours, la journée de travail se porte à 8,75h par jour. Si cette compression est légale, elle exige cependant une vigilance sur la fatigue cognitive, et le respect du temps de repos quotidien (11 heures consécutives) est essentiel. 

La semaine de 4 jours

Ce modèle est celui de la réduction du volume horaire hebdomadaire, généralement de 35 à 28 ou 32h avec maintien du salaire. On l’appelle aussi le modèle “100-80-100” : 100% de salaire, 80% du temps de travail, 100% de productivité. Sa mise en œuvre nécessite généralement un accord d’entreprise ou une décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE (article L3121-44 du Code du travail). 

Concernant l’impact des jours fériés sur la semaine de 4 jours, comme sur celle en 4 jours, en l’absence de précision dans l’accord d’entreprise, la Cour de cassation est claire : si le jour férié tombe sur un jour de repos lié à la compression ou à la réduction du temps de travail, un•e salarié•e ne peut prétendre à un jour de repos supplémentaire ou à une indemnité, sauf dans le cas où la convention collective indique une durée de travail fixe sur l’année. 

Impact sur la productivité : la preuve par les chiffres 

L’argument de la baisse de productivité lié à la réduction ou à la compression du temps de travail est contredit par les données. L’étude menée par l’organisation 4 Day Week Global en 2023, en collaboration avec l’Université de Cambridge, a apporté des chiffres qui font aujourd’hui autorité auprès des DRH. Sur les 61 entreprises participantes, le maintien, voire l’augmentation de la performance, s’explique par trois leviers majeurs :

    • La réduction de la fatigue cognitive : le jour de repos supplémentaire qui agit comme régulateur de la charge mentale, permettant une baisse du taux de burn-out de 71% et améliorant l’équilibre vie pro/vie perso ;
    • L’optimisation du temps de travail (loi de Parkinson) : “Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement ». En passant à 4 jours, les équipes optimisent leur temps de travail et les réunions chronophages sont réduites d’environ 25% ;
    • La baisse des coûts indirects : l’absentéisme et les arrêts maladie, qui pèsent lourdement sur la rentabilité des services, ont chuté de 65%. Ce gain de continuité opérationnelle compense largement la réduction de temps de présence théorique.

Ces entreprises ont également enregistré une hausse moyenne de chiffre d’affaires de 1,4% durant l’expérimentation, prouvant que la productivité ne dépend pas linéairement du temps de présence en entreprise, quel que soit le modèle choisi. 

Un levier de différenciation majeur pour le recrutement

Sur les marchés en tension, la semaine de 4 jours comme la semaine en 4 jours est un différenciateur radical. Les entreprises qui franchissent le pas voient leur attractivité démultipliée. 

Par exemple, dans le secteur de la comptabilité et de la finance, ce modèle permet de capter des profils séniors qui souhaitent privilégier l’équilibre vie pro/vie perso. Dans les métiers de la communication et du digital, c’est une alternative directe au “full remote” qui permet de maintenir une culture au bureau tout en offrant une grande flexibilité. Dans le retail et le luxe, le passage à 4 jours permet de réduire le turnover en boutique. Enfin, dans l’administratif et les fonctions supports, ce modèle permet de transformer des postes souvent perçus comme “traditionnels” en opportunités modernes, réduisant l’absentéisme et encourageant le recrutement de profils plus autonomes et organisés. 

KARA, partenaire de vos recrutements

La mise en œuvre de la semaine de 4 jours ne se limite pas à une simple modification contractuelle : elle exige une connaissance fine des enjeux humains et opérationnels propres à chaque secteur. Qu’il s’agisse de sécuriser la continuité de vos fonctions supports, de maintenir l’excellence du service dans le luxe ou encore de respecter les échéances critiques en finance, le succès repose sur le recrutement du bon profil. 

Chez KARA Travail Temporaire & Placement, cabinet de recrutement à Paris, nous vous accompagnons pour transformer ce défi structurel en un levier d’attractivité durable. Notre expertise multisectorielle nous permet d’auditer vos besoins réels et de sourcer des talents dotés de l’autonomie et de la rigueur indispensables à ces nouveaux rythmes de travail. Sécurisez vos recrutements en CDD, en CDI et en intérim en contactant nos équipes !